Bien choisir son terrain

Voici quelques conseils pour vous aider à choisir un terrain à bâtir, sans pour autant faire de vous un technicien. Si aucun terrain n’est à priori techniquement inconstructible, il faut savoir que la maison nécessite une assise stable. Son adaptation au terrain sera plus ou moins onéreuse. Les informations que vous pourrez recueillir compléteront la démarche de votre constructeur afin de déterminer les solutions techniques appropriés et les coûts correspondants dont il faudra tenir compte dans votre budget.

Parallèlement à cette évaluation, vous avez à prendre en compte d’autres aspects comme ceux liés à la viabilisation du terrain (accès, alimentation en eau, électricité, gaz et téléphone, évacuations des eaux usées et des eaux pluviales…), à la proximité des commodités et équipements collectifs, à l’environnement général de la maison (zone de bruits, proximité d’un monument historique, site classé, démolition de bâtiments existants, sols pollués…).

Il faut de préférence choisir un terrain bénéficiant d’une exposition dégagée au sud afin de pouvoir bénéficier des apports solaires passifs qui peuvent représenter jusqu’à 50% de vos besoins en chauffage.

AVANT D’ALLER A LA RECHERCHE D’UN TERRAIN

  • Il faut s’assurer de la pertinence de l’emplacement et se poser les questions suivantes :
    Est-ce qu’il y a des transports en commun à proximité ? Le cœur de la commune est-il accessible à vélo ?
  • Si non, quelle distance ferai-je tous les jours en voiture pour conduire les enfants à l’école, aller au travail, faire les courses, participer aux diverses activités ?
  • Quel sera mon budget carburant ?

QUELLE MAISON ?

  • Pour quel mode de vie ?
    • Une maison de plain-pied ? A étage ? Avec ou sans sous-sol ?
  • Un garage intégré ou accolé ?
  • Un seul corps de bâtiment ou plusieurs ? Votre projet devra parfois s’adapter au terrain

CE QU’IL FAUT SAVOIR SUR LE TERRAIN…
Un terrain peut être :

plus ou moins gorgé d’eau, en surface ou en profondeur, selon les saisons,

  • sensible au gel (un sol humide peut geler sur une profondeur importante et gonfler),
  • plus ou moins “souple” (qui peut se tasser, se gonfler ou se dessécher),
  • composé de couches de natures différentes et d’épaisseurs variables,
  • peu compact car il a été remué sans être stabilisé,
  • pollué par des rejets industriels, sanitaires ou agricoles.

…ET SUR LA CONCEPTION DE LA MAISON

Le terrain est gorgé d’eau à certaines saisons : il faut construire la maison sur un vide sanitaire (espace sous la dalle du rez-de-chaussée) pour éviter les remontées d’humidité et les infiltrations (solution utilisée systématiquement par maisons BATÎ’TECH). D’autre part, le gel peut provoquer des gonflements de terrain. Il sera peut-être nécessaire de rigidifier fortement la maison et ses fondations
.
Il existe une nappe phréatique (eaux souterraines) :
un sous-sol enterré ne peut se réaliser que sur un terrain où la nappe phréatique est suffisamment profonde et n’est pas susceptible de l’inonder.

Sur des terrains de natures diverses, si vous prévoyez un sous-sol enterré, d’une surface plus petite que la maison, la rigidité de la maison devra être renforcée.

Un terrain pollué devra faire l’objet, selon la pollution, de travaux de dépollution qui peuvent s’avérer onéreux.

LA PHYSIONOMIE DU TERRAIN

Terrain plat en pleine ville ou village avec des constructions voisines en bon état : il s’agit a priori d’un terrain où l’on peut construire sans difficultés.

Terrain en pente : le terrain en amont est à retenir par un mur de la maison ou un mur de soutènement indépendant. La collecte des eaux de pluie est à réaliser en amont de la pente si le terrain de surface est peu perméable.

Terrain en pente avec des arbres inclinés sur la pente : c’est un signe de récent glissement de terrain ( surtout si les murets de clôture sont fissurés). Il faudra en tenir compte spécifiquement lors de la conception.

Terrain avec des creux et des bosses : le terrain a probablement subi des remaniements (apport et enlèvement des terres). En conséquence, il est sans doute peu compact ; il faut donc que les fondations traversent l’épaisseur de ces couches remaniées pour porter sur un sol aux caractéristiques homogènes.

LA VEGETATION DU TERRAIN

Un terrain avec des arbres et plantes de zone humides (saules, peupliers, roseaux,etc.) : c’est le signe de la proximité d’un cours d’eau, de la présence d’une nappe d’eau souterraine proche de la surface ou d’une ancienne mare. Déboiser ce terrain peur provoquer une montée du niveau de la nappe d’eau dans laquelle les arbres puisaient.

Un terrain planté,lorsqu’il est composé de débris végétaux, de limons ou d’argiles, peut connaître des tassements ou gonflements conséquences en cas de déboisements.

LES CONSTRUCTIONS VOISINES

Regarder les constructions voisines et prendre des renseignements auprès des occupants peut également vous permettre de compléter votre “enquête sur le terrain : constructions fissurées, constructions sur sous-sol ou sans sous-sol, constructions semi-enterrées, mare asséchées…
Soyez attentifs ! Les noms des voies et des sites sont souvent sources de données géologiques ou hydrologiques : “impasse de la mare aux canards”, “Lieu-dit des Potiers”, “Cité des peupliers”, “Rue du Torrent”, “Rue des carrières”….

LES DOCUMENTS A CONSULTER

  • Adressez- vous à la mairie :
    Vous pourrez y trouver certaines informations sur les caractéristiques du terrain, les règles d’assainissement de la commune et sur des risques éventuels :
    zone inondable, carrières, marnières, site archéologique….
    Le personnel de la mairie peut vous aider ou vous orienter, si nécessaire, vers les administrations concernées.
  • – Vous pouvez consulter :
    Le site internet www.prim.net : rubrique “ma commune face au risque majeur”
    Le site internet http://infoterre.brgm.fr: documents graphiques (en particulier cartes géologiques) nécessitant une interprétation notamment auprès des antennes régionales du Bureau de Recherches Géologiques et Minières.

L’ENQUETE AUPRES DU VENDEUR DU TERRAIN

Le particulier vendeur est souvent peu informé des caractéristiques du terrain qu’il vend et des possibilités de construction adaptée à celui-ci. Il convient, malgré tout, de le questionner sur l’usage et l’histoire de ce terrain.

Le lotisseur,au contraire, compte tenu de ses responsabilités, a mené sa propre enquête sur les caractéristiques du terrain de l’opération. Il a certainement fait réaliser une étude de sol pour la viabilisation du lotissement, des voiries et autres équipements collectifs. Demandez-lui de vous communiquer cette étude, elle sera également utile au professionnel que vous chargerez de votre projet de construction.

UNE ETUDE GEOTECHNIQUE EST-ELLE NECESSAIRE ?

La visite du terrain et les renseignements recueillis mettent en avant un risque mais le terrain reste attractif car il correspond à vos choix.

Il sera prudent de s’adresser à un bureau d’études géotechniques avec votre constructeur. Ce bureau d’études réalisera, selon le cas, une enquête documentaire, un programme de reconnaissance du sol, la définition de principes généraux d’adaptation du projet au terrain (si vous n’êtes pas encore propriétaire du terrain, vous devrez obtenir l’accord du vendeur pour y accéder si nécessaire).

La conception de la maison étant définie, l’adaptation au terrain sera prévue par votre constructeur, ce qui relève de sa responsabilité.Dans son offre, il vous proposera des solutions techniques et vous chiffrera ou fera chiffrer avec précision le coût total de la maison avec les adaptations liées au sol correspondantes.

2017-07-17T19:23:33+00:00 21/06/2017|